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Ῥωμαῖος
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[Fiche] Royaume de Grèce

le Dim 17 Juin - 11:15


Royaume de Grèce





Résumé :

Ayant acquit son indépendance en 1832 à la suite de la révolution, reconnu par le traité de Londres, le royaume de Grèce a su s'imposer avec panache et prix de lourdes pertes humaines à l'empire ottoman décadent Ayant acquis son indépendance, le tout jeune état se retrouve sous la protection de trois grandes puissances, le Royaume-Unis, la France et la Russie.
A sa tête, le roi Othon. Autocrate de nature et connu pour ses actions d'éclat, comme lors de l'affaire Don Pacifico. Othon dirige le royaume sur la base d'une constitution depuis 1843 mais il traine avec lui un pays lourdement endetté et bien éloigné de l'effervescence économique de l'Europe occidentale.




Royaume de Grèce, 1843.


Politique :




Roi de Grèce Othon 1er, 1841.


Roi : Othon 1er Wittelsbach
Premier ministre : Antonios Kriezis (Faction anglaise)

Statistiques :

Population : 986 700 habitants.
Armée : Aucune armée de campagne.
Dette : 5 000 000 livres (à l’adresse de Londres et Paris).
Revenus : 1 150  000 livres.
Dépenses : 1 005 000 livres.
Excédent : 150 000 livres.
Balance commerciale : - 1 090 000 livres (par an) soit -32%.

Source : https://www.jstor.org/stable/2338853?seq=1#page_scan_tab_contents
Source : http://www.populstat.info/Europe/greecec.htm




Dernière édition par Basileus1081 le Lun 18 Juin - 11:15, édité 1 fois
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Re: [Fiche] Royaume de Grèce

le Dim 17 Juin - 20:30


Royaume de Grèce





Affaires Intérieures


Politique




Aléxandros Mavrokordátos, Premier Ministre de Grèce.


Othon 1er, Roi de Grèce, s’appuie d’habitude sur un conglomérat de trois partis politiques. Ces partis volent en éclat au cours de la crise Russo-turque et au début de cette décennie la Grèce voit son paysage politique se recomposer. Les élites politiques se divisent en deux grands partis, en premier lieu le Parti Moderniste (Neoteristikon Kómma), libéral et nationaliste, bien plus favorable à l’occidentalisation que son principal concurrent. En effet, il s’oppose au Parti Nationaliste (Kómma Ethnikofrónōn) conservateur et nationaliste, plus porté sur un refus de l’occident à sa fondation puis progressivement défenseur des traditions plus que d’un repli identitaire. Aléxandros Mavrokordátos le meneur du Parti Moderniste, se trouve être l’ancien chef de file des partisans du Royaume UNi, il est nommé premier ministre conséquemment à sa capacité à rallier autour de ce nouveau Parti les libéraux. En opposition se trouve Konstantínos Kanáris, ancien meneur du Parti Russe à Athènes. Tous deux des vétérans de la politique et de la guerre, ils n’ont qu’une division, profonde, l’avenir intérieur de la Grèce. Les libéraux sur lesquels s’appuie Othon 1er lui offrent ce qu’il souhaite depuis longtemps. Une réforme profonde du système grec avec pour toile de fond l’archaïsme de l’économie nationale. L’imposition est la clef et les libéraux Athéniens s’empressent de désirer sa centralisation aux mains de la bureaucratie royale tandis que les conservateurs s’attachent à son maintient. S’en suit des troubles à Athènes et en provinces, les difficultés à réaliser la réforme la font durer plusieurs années (trois en tout) tandis que les refus de remettre les documents fiscaux ou encore la mise à bat des systèmes clientélistes se heurte à la complaisance des fonctionnaires et élus provinciaux siégeant à Athènes. La Réforme agraire, elle, débouche sur un véritable conflit politique ou s’affrontent les deux partis parfois jusqu’aux armes pour défendre leurs intérêts. L’affaire est à suivre … place au détail des réformes.


Réforme de l’Imposition


Si les rapports capitalistes n'ont pas pénétré l'économie agricole grecque, l'investissement de capital s'avère lucratif dans d'autres domaines : la perception des impôts, l'état s'afferme à des particuliers, comme avant la révolution. Les percepteurs payent à l'avance, soutenus par l'armée, ils perçoivent les impôts en nature auprès des paysans, et en commercialisent le fruit du labeur paysan à la ville voisine.

Produit du système, la perception de l'impôt engendre une corruption endémique. Fort du pouvoir qu'accorde la fonction, les percepteurs d'impôts favorisent leurs amis et répriment leurs adversaires politiques. Afin d'obtenir le poste désiré, le notable local doit être en mesure de contrôler le réseau d'imposition de sa circonscription électorale ou tout au moins d'éviter que ses adversaires ne le fassent, ce qui se révèle parfois coûteux. La perception du surplus, destiné à la caisse publique, dépend ainsi largement de facteurs extra-économiques.

Cette collecte du produit des terres et sa vente conduit à l'apparition d'une énorme bureaucratie privée, exigeant jusqu'à sept fois plus de fonctionnaires par habitants qu'en Angleterre. Les employés supérieurs de la fonction publique forment un groupe social dominant, ils usent d'un pouvoir assis sur le contrôle de l'argent public - et non sur la propriété - pour élargir leur réseau clientéliste, négligeant la réalisation de travaux d'infrastructure sans bénéfice à court terme.

Pour combattre ce fléau qu'est la corruption, endiguer les vastes détournements et affirmer le pouvoir Athénien, Othon 1er entreprend une réforme en profondeur du système avec le payement de l'impôt en numéraire et la suppression de la collecte de l'impôt par des particuliers au profit d'une nouvelle branche de l'administration publique. Les collectivités percevront un pourcentage des impôts levés localement tandis que divers plans d'infrastructures sont placés sous la responsabilité de l'Etat athénien. La véritable bureaucratie de l’Etat grec, squelettique, va progressivement prendre le pas sur la bureaucratie de province, attachés à leurs puissants locaux.


Réforme Agraire


Depuis la révolution, la terre, théoriquement propriété de l'Etat mais en pratique possédée par celui qui la cultive, par le droit de conquête la terre nationale est une terre publique. La propriété terrienne se divise quelques années après la guerre en deux grandes catégories : les terres publiques représentant les deux tiers des terres cultivées et celle de l'église orthodoxe allant jusqu'au quart des terres cultivées.

Hypothéquée lors du dernier conflit, la terre grecque a été cédée pour partie à de riches grecs ayant fait fortune à l'étranger. Malheureusement, cette propriété foncière ne représente que 5% de l'ensemble des terres, toutes les autres terres privées demeurent de petites exploitations autarciques ou le capitalisme n'a guère pris son essor. Enclavées, les productions et leurs producteurs ne quittent pas le pays voir même les localités de production.

Les terres cultivées ne représentent que 16% de la surface nationale, 26% demeurent en friche et 41% sont inexploitables notamment au vu des moyens réduits des agriculteurs, pourtant, les terres vierges cultivables représentent 35% du territoire. Primitive, l'agriculture grecque est pourtant tout aussi productive que l'agriculture française, la faible population nationale permet aux agriculteurs de travailler la partie la plus riche des terres. Pourtant, selon le droit romain, la terre appartient à celui qui la cultive sans interruption pendant trente ans.

De ce fait, le Roi Othon 1er, conscient des difficultés inhérentes à drainer des impôts dans un tel contexte, engage une réforme agraire inédite. Les récentes « grandes propriétés » représentant 1/20ème de la surface cultivée, elle ne compte que 1/40ème de la surface arable. Autrement dit, le principal problème est ailleurs. La réforme agraire porte sur les exploitations pastorales (de fait) et propriétés « publiques » (de droit) qui dominent la vie économique du pays. Les terres sont divisées sur la base du volontariat et de la solvabilité. Ainsi, de riches grecs étrangers sont invités à s’installer en terre hellénique afin de racheter des terres et fonder des exploitations cohérentes géographiquement et productives économiquement en Attique. Les sujets les plus entreprenants se voient alloués des terres à cultiver, ils ne peuvent laisser durablement en friche ces exploitations sous peine de confiscation. Les terres des riches arrivants s’élèvent à plus de 50 hectares par tête avec un plafond fixé à 80 hectares. Les terres des bénéficiaires grecs de la réforme disposent de 20 hectares par tête. Décuplant la surface agricole à utiliser, la réforme transforme les familles exploitantes d’un sol jusqu’à présent dédié à leur seule survie en exploitants ou travailleurs agricoles salariés. L’exploitation type passe de la propriété autarcique à une nécessaire exploitation de taille moyenne. Via l’économie d’échelle et l’obligation de commercialiser soit même ou au travers d’agents privés les fruits du labeur agricole, les exploitations nouvelles feront entrer de plein pieds le capitalisme en terre grecque. Le cadastre grec, déjà abordé mais constamment repoussé, est remis à l’étude. Son entrée en vigueur devra se faire en 1857. L’Eglise, épargnée par ces mesures, ne le sera pas par le cadastre qui fixera sa nécessaire rentabilité sans rompre le lien établit entre l’Etat et l’Eglise de Grèce, ne lui soutirant aucunes terres.

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