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Baron
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Egypte alaouite

le Lun 11 Juin - 19:05
Egypte alaouite



Capitale : Le Caire
Souverain : Said Pacha
Statut : Province de l'empire Ottoman, partiellement indépendant ou quasi-indépendante, selon les chefs d'états.
Monnaie : Livre égyptienne
Langue : Arabe, Turc
Religion : Islam, Christianisme, Judaisme


Armée :

- 3 brigades d'infanterie (9.000 hommes)


Marine :

- 4 vaisseaux de ligne à voiles
- 4 frégates à voiles
- 4 corvettes à vapeur
- 7 bricks (6 à voiles et 1 à vapeur)
- 2 vapeurs postaux à aubes
- 23 transports divers


Dernière édition par Garroff le Lun 11 Juin - 22:02, édité 1 fois
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Fifille de l'Empereur
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Re: Egypte alaouite

le Lun 11 Juin - 19:33
Fiche validée
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Re: Egypte alaouite

le Lun 11 Juin - 22:02
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Méhémet Ali, par Louis-Charles Auguste Couder, huit ans avant qu’il ne quitte le pouvoir, ainsi que son fils, Ibrahim, au château de Versailles en 1846.

Méhémet-Ali est né à Kavala dans l'actuelle Grèce, de parents albanais, il était fils d'un marchand de tabac nommé Ibrahim Agha et de sa femme Zainab. Il était le neveu du maire de Kavala, Husain Agha. Lorsque son père décéda, durant son enfance, il fut élevé par son oncle et ses cousins qui, en récompense de son travail acharné, lui attribuèrent le rang de Bolukbasi, afin qu'il puisse collecter les impôts dans sa ville. Il gravit ensuite les échelons, s'élevant au rang de second commandant, sous les rangs de son cousin, dans le contingent des volontaires de Kavala, envoyé en Egypte pendant le retrait de Bonapparte. Il épousa la fille d'un riche marchand, veuve d'Ali Bey. Le retrait français avait laissé la province ottomane sans dirigeant. Le pouvoir des mamelouks bien qu'affaibli n'avait pas été anéanti, et les forces ottomanes étaient en conflit avec eux dans la course au pouvoir. Au cours de cette période d'anarchie, Méhémet-Ali utilisa ses troupes albanaises sur deux fronts, le premier afin de conquérir le pouvoir et le second pour son prestige personnel. En 1805, le peuple lassé par d'incessantes guerres et luttes intestines protesta sa colère, dirigé par les oulémas, un groupe de notables égyptiens demanda que le wāli démissionne et laisse le pouvoir à Méhémet Ali. Le sultan ottoman de l'époque n'étant pas en mesure de s'opposer à son ascension, Méhémet Ali consolida sa position. Il se positionna comme le protecteur du peuple et réussit à contenir l'opposition populaire jusqu'à l'affermissement de son pouvoir. En 1811, il massacre les dirigeants mamelouks restant en Egypte.

Par la suite Méhémet-Ali transforma l'Égypte en une puissance régionale qu'il voyait comme le successeur naturel de l'Empire ottoman en décomposition. Méhémet-Ali résuma sa vision de l'Égypte comme suit : « Je suis bien conscient que l'Empire ottoman va chaque jour vers sa destruction […] Sur ses ruines, je vais fonder un vaste royaume […] jusqu'à l'Euphrate et le Tigre. ». Le vice-roi introduisit de vastes réformes en Egypte et entama une politique d'autonomie vis-à-vis du sultan, défiant son autorité, annexant le Soudan et, par deux fois, portant les armes contre son suzerain, accompagné de son fils, Ibrahim. Ibrahim, ainé de Méhémet, fut le principal bras armé de son père. Quand, il [son père]devient sénile, Ibrahim est nommé régent puis de facto vice-roi, il décède huit mois plus tard, de phthisie, en novembre 1848 et est remplacé par Abbas, son neveu, réputé proche des Britanniques et des Ottomans, réactionnaire, taciturne et s'opposant aux idées d'Ibrahim et Méhémet de construire un état moderne égyptien.

Arrivé au pouvoir le 10 novembre 1848, deux jours après la mort de son oncle, Ibrahim, Abbas est le petit-fils de Méhémet Ali et le fils de son ainé, Toussoun. Dans la jeunesse, il combattu sous les ordres d'Ibrahim, son oncle, grâce aux Britanniques, il lui succède et devient le gouverneur de l'Egypte. Farouche opposant aux réformes modernistes de ses prédécesseurs, il expulse les conseillers européens, supprime les monopoles commerciaux, ferme les usines et les écoles puis ramène l'armée égyptienne à une armée traditionnelle et modeste de 9.000 hommes. C'est son comportement qui acte, en quatre ans, seulement, le retour à la vassalité du Waliyat d'Egypte. Homme sombre, religieux, réactionnaire, taciturne, sortant rarement de son palais et ne fréquentant que des esclaves, il détruit l'oeuvre de son grand-père et de son oncle en seulement quelques années remplaçant 42 ans de progrès par quatre ans, jusqu’ici, de conservatisme abusif et de retour en arrière.


En 1852, après un règne de quatre ans d’obscurantisme, Abbas à été assassiné dans son palais de Benha par deux de ses esclaves, qui lui tranchèrent la gorge. Il fut dit, par des bruits de couloirs, que le motif fut sa cruauté envers ses serviteurs, à titre d’exemple, il fut, souvent, raconté qu'Abbas eut ordonné de clour un fer à cheval chaud aux pieds d’un palefrenier qui avait négligé les soins d'un cheval. Cependant, d’autres bruits de couloirs, laisserait penser que son oncle, Said, aurait orchestré l'assassinat. Quoi qu’il en soit, les deux meurtriers furent pendus, peu après leur méfait, et la succession, au profit de Said, son oncle, fut faite dans la journée. Said, Muhammad Said, fut le fils préféré de Méhémet Ali. Instruit à Paris, francophone, il succède à son neveu et représente son contraire total, volontiers réformateur ; admirateur de la France ainsi que de son père, il s’agit d’un fervent progressiste.

Dès le début de son règne, il confirme le firman imposé par l’empire Ottoman, imposant la construction d’un canal entre le Sinai et l’Egypte par la France mais renégocie les termes pour que l’Egypte obtienne des parts. Ainsi, l’empire Ottoman, qui recevait au départ 35 %, doit en céder 7 % à l’Egypte tandis que la France consent à céder 3 % supplémentaire à l’Egypte. A la fin des négociations, l’Egypte possède 10 % des parts du futur canal de Suez, l’empire Ottoman 28 % et la France 62 %. Il renégocie aussi l’autorisation, pour les Français, de commercer et de détenir librement des terres en Egypte en interdisant à l’état français de posséder, directement, des terres hormis quelques exceptions comme : A) les bâtiments officiels et ambassades représentant la France B) les musées et services archéologiques C) les compagnies de chemin de fer qui devront, quand même, s’engager à construire l’équivalent des lignes construite en Egypte au profit de compagnies egyptiennes. Le commerce est réglementé selon les douanes et lois de l’Egypte.

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Re: Egypte alaouite

le Mar 12 Juin - 18:26
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Francophone, instruit à Paris, Muhammad Said Pacha hérite du titre de pacha en 1852, après l'assassinat d'Abbas Pacha, d'obédience progressiste, digne héritier de Méhémet Ali, il attache très vite une certaine importance aux relations avec les puissances Occidentales. Francophile, il ré-négocie les termes du projet de « Canal de Suez », au profit de l’Égypte, mais, réaliste, il sait qu’une mainmise française totale, et durable, sur l’économie égyptienne n’est pas profitable.

Ainsi, il négocie, avec la Grande-Bretagne, la fondation d’une ligne de chemin de fer, concurrente théorique du futur canal de Suez, qui ferait le trajet Port-Soudan → Hurghaba, en longeant les côtes → puis jusqu’à Damiette, reliant la ligne à la méditerrané. Cette ligne ferroviaire la « Mer Rouge – Méditerrané » verra ses bénéfices partagés à 60 %, pour les Anglais, et 40 % pour les Égyptiens. La ligne ferroviaire anglo-égyptienne représente ainsi une alternative, sur la courte durée, à Suez. En attendant la construction du canal, qui durera une bonne dizaine d’années, la ligne, qui se mettra en place d’ici un ou deux ans (maximum), devrait permettre le développement des villes de Port-Soudan, Hurghaba et Damiette via le commerce reliant l’Inde à l’Occident. Cependant, il ne s’agit que d’une alternative de courte durée car, une fois le canal ouvert, il n’y a nul doute que le canal supplantera la ligne ferroviaire avec un volume de marchandise déplaçable, et une rapidité, que les chemins de fer ne peuvent concurrencer. En plus de la construction de cette ligne, les Britanniques s’engagent aussi à financer la construction d’une ligne ferroviaire Alexandrie – Rosette – Baltim – Damiette au profit d’une compagnie nationale égyptienne, dont 55 % des capitaux appartiendront à l’état Egyptien et 45 % des capitaux seront revendus à des privés, dont 15 % à des notables égyptiens, la « Compagnie Ferroviaire du Delta du Nil » qui devient la première compagnie de chemin de fer national en Égypte.


Dans un autre domaine, il négocie, cette fois-ci avec l’Espagne, un accord de libre-échange entre l’Egypte et l’Espagne, uniquement, au sujet du coton issu de l’Egypte et entrant en Espagne.

Said Pacha, désireux de démontrer la « partielle » indépendance de son état négocie aussi de nouveaux termes à sa soumission. Il renégocie, avec le Sultan-Calife, l’usage du terme de « Khédive » par le chef d’état égyptien. Ce titre, celui de « Khédive », était déjà utilisé par les souverains égyptiens depuis Méhémet Ali, de manière officieuse, mais cette confirmation et, surtout, cette officialisation de la part du Sultan-Calife renforce le pouvoir du souverain. L’Egypte reçoit même la permission d’ouvrir une ambassade à Istanbul et, avec l’accord de la Sublime Porte, renégocie les règles de successions du trône égyptien pour passer de l’ancienneté, le membre le plus âgé héritant de la fonction, à la primogéniture masculine au profit de la lignée de l’aîné des fils de Méhémet Ali, ainsi c’est la lignée d’Ibrahim Pacha qui devient l’héritière du trône, jusqu’à son épuisement, puis viendra la lignée de Said… Par cette réforme, l’héritier devient donc l’ainé des fils d’Ibrahim Pacha, Ismail. Ces négociations ne sont pas sans douleur, pour l’Egypte, qui voit son impôt, payé à la Sublime Porte, multiplié par 1,5.


D’obédience progressiste et libérale, instruit en France, Said Pacha gouverne comme un souverain à la fois « peu commun » et « réformateur ». Il promulgue un code civil, dit « Code Civil Saidien », fortement inspiré, si pas copié, du code civil napoléonien de 1804, très vite, suivent d’autres code (aussi inspirées des codes napoléoniens) comme le « Code des procédures civiles », calqué sur celui de 1806, et, un Code du commerce calqué sur celui de 1807, viennent ensuite, les copies égyptiennes des codes d’instruction criminelle de 1808 et du code pénal de 1810. Ces codes restent, bien que progressiste, adapté au monde musulman et à la charia octroyant toujours une forte influence de l’homme sur sa famille. Cependant, bien que l’influence, de la charia, reste, à la fois visible et modeste, de nombreux points de la charia, comme la lapidation des femmes adultères ou la mutilation des voleurs sont modifiés en des amendes, des privations de libertés et d’autres peines…

Said Pacha proclame ensuite une série de firman progressiste. Il promulgue l’égalité religieuse entre le Judaisme, le Christianisme et l’Islam et l’égalité entre les différents sujets libres du Khédive. Un autre firman indique aussi qu’en cas de litige pénal, les jugés pourront choisir d’être jugé par le code pénal de leur religion (les lois Bibliques, la Charia ou la Halakha) ou par le code pénal égyptien. En cas de crime contre l’état, la dynastie ou en cas de litige entre deux membres d’une religion différente ce sera le code pénal étatique qui tranchera. Dans la même idée, des tribunaux religieux, islamiques, ainsi que des tribunaux laïques sont mis en place.


La promulgation de plusieurs codes étatiques ainsi que les différents firmans jugeant les tribunaux du pays ne sont pas les seules réformes de Said Pacha. Dès les premiers mois de son règne, il entame une politique de réaffirmation des réformes de son père. Il rétablit ainsi le système administratif bâti par son père, et détruit par son neveu, Abbas,

Il invite ainsi des employés et fonctionnaires des douanes et des postes britanniques pour réformer les systèmes douaniers et postiers du Khédivat Egyptien. Sous la supervision des fonctionnaires britannique, le « Bureau des Postes Egyptiens » est fondé. Le Bureau des Poste bénéficie d’un service pour chaque « Wilayet » de l’Egypte et chaque ville dispose de son code postal. Le système douanier est uniformisé, les douanes intérieures au pays sont abolies et seules restent les douanes extérieures.

Les tarifs douaniers sont placés à 16,5 % sur les matières premières et à 24 % sur les produits manufacturés, à l’exception des tarifs aux profits de la France qui voit les tarifs douaniers égyptiens baisser de 6 % en sa faveur sur les fournitures ferroviaires (machine à vap, rails, aiguilles, locomotives), les fournitures navales (Coque de navires, machines, ancres, voile, hélices) et les fournitures luxueuses manufacturées (verrerie, joallerie, vin). Ces tarifs passent donc à 18 % pour la France.

En échange de cette baisse de tarifs douaniers, la France envoie une mission de fonctionnaires, préfets et avocats chargés de réorganiser l’administration de Méhémet Ali, laissée à l’abandon par Abbas. L’Egypte est divisée en six Wilayets, subdivisions administratives, dirigées par des Wali, nommés par le Khédive, révocable à souhait et aux pouvoirs assez faibles ; les Wali doivent ainsi gérer l’ordre public de leur région, réprimer les révoltes au profit du Pacha et superviser la mise en place des réformes décrétées par le Khédive. Les six wilayets égyptiens sont le Sinai (jaune), le Delta du Nil (brun), la Haute-Egypte (rose), la Basse-Egypte (Orange), le Soudan du nord (Vert) et le Soudan du sud (Mauve)

Spoiler:

L’Egypte se divise aussi en 40 Gouvernorats, représentés par les provinces de la carte, soumises aux Wilayets et aux pouvoirs tout aussi limités. Ces Gouvernorats seront, eux-mêmes, divisés entre territoires des villes, les municipalités, les « Baladia », elles-mêmes divisées en territoire des villages, les « Madina ». Des fidèles à la cause du Khédive, les « Muhaqiq » seront chargés d’inspecter, régulièrement, les Wilayet pour veiller qu’aucun Wali, ni aucun gouverneur n’outrepasse ses pouvoirs. Les Gouverneurs seront nommés par le Khédive.

L’administration des douanes, des postes et du territoire rentre donc en réforme, pour continuer tout cela, et clore le chapitre, Said Pacha réforme le fonctionnariat en octroyant un salaire, convenable et permettant de vivre dignement, aux différents fonctionnaires et élus / nommés à des postes administratifs. En échange de cette solde, et de différentes primes annuelles lors du ramadan, par exemple, et lors des différentes fêtes musulmanes, les fonctionnaires devront se plier à des inspections régulières des finances et seront sévèrement punis en cas de fraude ou de corruption prouvée.
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Re: Egypte alaouite

le Mar 12 Juin - 19:35
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Said Pacha remarque un constat effrayant. Les Français prennent une part effrayante dans le commerce du coton dans le pays. Sous peu, d’après Said Pacha « le pays entier sera racheté par les Français ! », c’est intolérable, pour le Khédive qui, bien qu’il soit très francophile, refuse de voir le pays être racheté par une puissance occidentale. Cependant, pour Said Pacha, une issue diplomatique est toujours favorable surtout face à un État européen… Ainsi, le Khédive contacte les représentants français et après d’âpres négociations l’accord suivant est signé.

* La production cotonnière actuelle, équivalente à 27.000 tonnes annuelles, sera partagée équitablement en 50/50 entre la France et l’Egypte.
* Les futures politiques d’achats de terres, de terrains ou de parts d’une entreprise par des sociétés françaises devront être mise au point avec le Khédive ou ses représentants pour éviter l’accaparement d’un marché par les Français ou un autre état.
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Re: Egypte alaouite

le Mer 13 Juin - 16:43
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Suite au traité de Sais, signé le 14 mai 1852, l’Egypte règle le problème de l’accaparement des terres par la France… Malheureusement, pour le Khédive, cela ne règne pas les problèmes économiques de son pays. Pire encore, cette mainmise occidentale sur la moitié de sa production actuelle est problématique pour la faible industrie du pays, ses exportations ainsi que son économie.

C’est toute la « dynamique » égyptienne qui se retrouve donc chamboulée. Said Pacha doit donc régler ce problème… Mais, le manque de fond est criant pour le futur. Il lui faut donc contracter des prêts. Mais, Muhammad Said n’est pas idiot. Il sait que s’il doit contracter des prêts, des pays comme la Grande-Bretagne, la France ou l’Espagne voudront récupérer leur investissement à grand coup de cannonière d’ici quelques années. Il doit donc viser des puissances plus légères, plus patiente, qui, certes, prêteront moins mais assureront une meilleure sécurité.

C’est dans cette optique qu’il contacte les Pays-Bas, pour contracter un prêt équivalent à 13.000.000 de francs, à 3 % d’intérêt, pour une somme équivalente à 390.000 francs d’intérêts annuels. La livraison de l’emprunt sera effectuée en trois ans avec une première livraison de 5 millions puis deux livraisons de 4 millions. Il négocie aussi avec la lointaine Saxe, instruit à Paris, il connaît bien l’Europe, pour un emprunt équivalent à 12.000.000 de franc, à un intérêt d’1,5 % annuel, soit l’équivalent de 180.000 francs annuel, avec une augmentation de 0,1 % d’intérêt annuel tout les 4 ans. Dans la même idée, même si cette fois-ci la marchandise n’est pas d’or et de monnaie mais de chair et de méninge, l’Égypte négocie l’envoie d’une mission occidentale néerlandaise en Egypte, des avocats ; des professeurs ; des lettrés ; des ingénieurs, des hommes de la société civile sont envoyés en Égypte. La Prusse suit l’exemple néerlandais en envoyant des archéologues, des ingénieurs, des chimistes, des médecins, des professeurs et différents lettrés… Les demandes de Said sont clairs : il désire des civils qui se joignent dès lors aux conseillers français et britannique déjà sur place. Il contacte ainsi les Autrichiens qui acceptent d’envoyer une mission composée de professeur, de lettrés, de médecins, de chimistes, d’ingénieurs, de géologue et de divers diplômés. Said reprend ainsi la politique de son père, Méhémet Ali, qui, déjà quarante ans plus tôt, faisait venir des experts européens pour faire évoluer les mentalités et les moyens. Le Danemark est aussi contacté et consent à un prêt de 11.000.000 de francs avec un taux d’intérêt d’1,5 % (165.000 / an) ainsi que l’envoi d’une mission civile identique aux précédentes.

Said Pacha met aussi en place une politique dédiée à encourager les techniciens et occidentaux à venir en Egypte. Ainsi, il met en place une, faible, allocation pour les techniciens (ingénieurs, professeurs, lettrés, chimistes, philosophe, médecins) partant s’installer en Egypte pour soutenir l’oeuvre modernisatrice du Khédive. Il met aussi en place une politique visant à octroyer un logement dans les grandes villes du pays (Damiette, Rosette, Alexandrie, Baltim, Massourah, Le Caire) ainsi que dans des villes plus éloignées (Port-Soudan, Khartoum, Beni Suef) afin d’encourager les Occidentaux à s’installer, Said Pacha fait construire la ville de « Port-Said » à l’embouchure du futur canal de Suez, il y accueillera une partie des occidentaux partant s’installer en Egypte et encouragera de nombreux autochtones à s’y installer aussi.


La question alimentaire taraude Said Pacha… À l’heure où, une partie du monde moderne, est dépendante du blé américain et russe, l’Égypte, qui n’a, face aux Occidentaux, que peu de choses pour elle doit s’assurer d’être, totalement, indépendante sur le plan alimentaire. Cela est d’autan plus important qu’une famine, ou un grave problème sanitaire, pourrait causer des milliers de morts.

Les peuples européens se répugnent à l'idée que des peuples, anciens comme actuels, aient fait et fassent encore des insectes une nourriture habituelle voir un plat de prédilection. Mais, ils sont nombreux sur la terre, ceux qui ne partagent pas ce dégoût. Ainsi, la Torah, déjà, énumérait les aliments purs et impurs, permis ou défendus, désignant quatre insectes dégustables. D’après le Coran, l’espèce humaine doit disparaître de la terre après l’extinction des Sauterelles car celles-ci sont destinées à la nourriture de l’humanité et ont été formées des restes du limon dont l’homme a été pétri lui-même. Cette croyance musulmane explique l’affliction du calife Omar-ben-el-Khottal auquel on avait signalé l’absence de ces Orthoptères. Il avait envoyé des coursiers de tous côtés à la recherche des précieux insectes. L’un d’eux ayant rapporté une poignée d’Acridiens, Omar s’écria : « Dieu est grand ! … » et n’eut plus d’inquiétude sur le sort du genre humain. Les Musulmans mangent Sauterelles et Criquets sans les écorcher, la loi de Mahomet ne le permettant que pour ces insectes ainsi que pour les poissons. Ils les grillent ou les font bouillir. Les Arabes regardent les orthoptères comme des mets exquis, ainsi, dans les temps de disettes, ils les recueillent et, après dessiccation, les réduisent en poudre : sous cette forme, ils les substituent à la farine du blé.

Homme cultivé, Said Pacha connaît les pratiques de la basse-paysanne berbères et bédouines qui, par temps de famine, n’hésite pas à se nourrir d’insectes. Les Soudanais le font aussi, pas nécessairement par temps de famine, d’ailleurs. Si, le Khédive, ne se nourrirait pas forcément d’insectes sans bonnes raison, il se doute que le « peuple qui à faim », lui rechignerait moins. Qui plus est, les insectes sont assez faciles à entretenir, il s’agit principalement d’animaux grégaires, « si nous leur donnons un abris, de la chaleur et de la nourriture, ils ne bougeront pas », et permettent un élevage de masse demandant peu d’entretiens ; peu de budget ; peu de terrains ; peu d’eau et peu de temps pour un fort apport nutritif. Ainsi, Said Pacha met alors en place une politique encourageant « l’entomophagie ».

Le Khédive égyptien, organise alors une campagne de rachat de locaux, en villes comme en village, qu’il octroie à des indigents ; des mendiants ; et des éleveurs. Il dote les « locaux » d’enclos adaptés, de matériels et forme les futurs « éleveurs »… Ces fermes à insectes, les « Janadab », seront placées en ville comme en campagne et formeront des petites propriétés. Ils élèveront plusieurs types d’insectes comestibles comme des sauterelles ; des cigales ; des grillons ; des vers ; des termites ; des araignées ; des scarabées ; des chenilles ; des abeilles ; des guêpes ; des fourmis ; des crickets ; des libellules ; et d’autres… Une part des « Janadab » seront placées dans le Soudan et une autres en Egypte. Said Pacha espère donc que le développement des élevages d’insectes permettra de démocratiser ces aliments aux grandes réserves nutritives. Qui plus est, l’élevage d’insecte ne sera pas uniquement dédié à la nourriture humaine puisqu’en écrasant des sauterelles, ou en utilisant des vers, il est possible de disposer d’une farine d’insecte facilement utilisable pour diverses choses. En plus de cette farine, et de la possibilité de nourrir les humains, l’un des débouchés de l’élevage d’insecte est aussi de nourrir le bétail égyptien, en plus des basses-classes. Cet encouragement de l’entomophagie est suivi, aussi, d’une légalisation, en règle, des pratiques entomophages.

Les emprunts égyptiens, enfin les « premiers » emprunts égyptiens ne serviront pas seulement à loger des civils occidentaux mais aussi à développer les infrastructures du pays. Ainsi, Said Pacha met en place une politique de travaux. Il décrète d’abord la mise en chantier de différents chemins de fer dans le delta du Nil prévoyant la construction d’un vaste réseau de voie ferrée appartenant à la « Compagnie Ferroviaire du Delta du Nil ». Il prévoit ainsi la construction d’une ligne Alexandrie – Damiette en passant par Mansourah et Damanhur (bleu foncé) qui commencera en 1852, ainsi que la construction d’une voie Damanhur – Manssourah passant par Dessouk, Banha et Faqus (mauve) qui commencera, elle, en 1853 et pour finir une extension de voie de Banha vers le Caire qui commencera, elle aussi en 1853.

Spoiler:
https://image.noelshack.com/fichiers/2018/24/3/1528898020-cheminde-fer-delta-du-nil.png
(Dessouk et le Caire disposent d’un arrêt même si j’ai oublié)



En 1820, le nord du Soudan fut envahi et conquis par Méhémet Ali, le wali d'Égypte. La région avait depuis longtemps des liens linguistiques, culturels, religieux et économiques avec l'Égypte et avait partiellement été sous la même autorité administrative à différentes périodes depuis l'époque des pharaons. Méhémet Ali menait une politique agressive d'extension de son autorité avec pour objectif la possibilité de supplanter l'Empire ottoman (dont il était le vassal) et voyait le Soudan comme une extension naturelle du territoire égyptien. Pendant son règne et celui de ses successeurs, l'Égypte et le Soudan sont parvenus à être administrés par une entité politique unique, tous les membres dirigeants de la dynastie de Méhémet Ali cherchant à préserver et prolonger « l'unité de la vallée du Nil ». Par la conquête du Soudan, Méhémet Ali espérait s’octroyer 20.000 à 30.000 esclaves annuels pour son armée et son économie. Malheureusement, la prise du Soudan ne lui permit que de s’octroyer le dixième de cet espoir.

Said Pacha, bien que personnellement opposé à l’esclavage, sait que l’Égypte doit avancer pas-à-pas. L’esclavage est alors un mal nécessaire. Il garantit la vie de l’agriculture, via le coton, et permet d’obtenir une main d’œuvre à coût extrêmement bas et au rendement énorme pour les grands travaux. Il permet aussi de constituer des brigades pour l’armée. Ainsi, Said Pacha légifère sur l’esclavage par un firman de 1852.

Le firman de 1853 contient quelques précisions sur l’esclavage :

* La chasse aux esclaves est limitée à l’Afrique Noire. Seuls les esclavagistes « approuvés » par l’état Egyptien pourront la pratiquer.
* Les esclavagistes, pour être approuvés par l’état Egyptien, devront payer une taxe annuelle en monnaie, à l’état, taxe égale au prix du dixième des esclaves qu’ils ont capturés.
* Une fois approuvé, les esclavagistes continueront de payer « leur quiétude » et leur « collaboration avec l’état » en fournissant, pour la totalité des esclavagistes, deux brigades militaires entières d’esclaves, soit 8.000 hommes, qui accepteront un contrat militaire de huit ans, durant lequel ils ne percevront pas de salaire mais recevront, à la fin du contrat, leur affranchissement ainsi que l’équivalent du dixième d’une solde mensuelle multiplié par 26, soit le dixième de trois ans de solde.

En échange du fait que les esclavagistes se plieront à ses trois règles, le Khédive ordonnera aux Wali du Soudan du nord et du Soudan du sud de soutenir les chasses aux esclaves. En plus de cela, les esclavagistes pourront se rallier à la future expédition d’Ismail Pacha, héritier de Said Pacha, au Soudan pour pacifier la région. Les esclavagistes pourront y collecter des butins tandis que l’évolution d’Ismail Pacha dans le Soudan sera suivi de la fondation d’avant-poste, que les esclavagistes pourront utiliser.

En plus de cela, des « camps d’esclavagistes » seront bâtis par le Khédivat. Ils seront gardés par l’armée, comme un poste militaire, mais serviront à loger les esclavagistes et leurs collectes dans des camps en attendant leur envoi. Les esclaves pris au Soudan serviront dans les grands travaux égyptiens et dans les plantations. Les esclaves, capturés, seront convoyés jusqu’en Egypte par la voie fluviale, via le Nil, ou par le terrestre, via les routes.

Ismail Pacha se voit, d’ailleurs, doter du contrôle de deux brigades ainsi que d’un firman ordonnant la collaboration des Walis du Soudan et des esclavagistes. Il devra pacifier le Soudan, fonder des avants-postes et des camps d’esclavagistes et capturer quelques Soudanais. Il devra ainsi pacifier le Darfour et le Sud-Soudan pour le compte du Khédive.
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Re: Egypte alaouite

le Sam 16 Juin - 16:18
Khédivat d’Egypte



1853. Said Pacha est à la tête de l'Egypte, depuis l’année dernière, et déjà les réformes pleuvent. En seulement un an, Said Pacha entreprend des projets ambitieux comme la mise en vigueur de différents codes pénaux, civils ou autres, inspirés de ceux Napoléonien, ou bien, l'encouragement de la propagation de l'enthomophagie. Il conclut des traités, avec l'Espagne, pour le commerce, la France, pour le marché cotonier, et le concert des nations occidentale, pour des missions civiles ainsi que des prêts. La France à beau avoir saisi la moitié du marché cottonier Egyptien, lors de la première année de règne de Said, l'homme tranche déjà avec le règne de son neveu et sort de sa première année renforcé de par son traité avec l'empire Ottoman. Ainsi, la "Province Egyptienne" d'antan devient officiellement le Khédivat Egyptien. La même année, le Khédive, récemment officialisé, entreprend de finir l’oeuvre de son père en envoyant son neveu, et héritier, au Soudan.

L'année 1853 s'ouvre, en Egypte, par la publication d'une charte par le Khédive. Cette dernière sera distribuée gratuitement, lue au peuple et scander dans les rues par des crieurs publics. La publication, titrée « Serment du Khédive Said », tenait des ambitions du Khédive et avait pour but d'obtenir un soutien, aussi bien intérieur ; qu'extérieur ; diplomatique et financier ; à l'Egypte.

Serment du Khédive a écrit:  Par ce serment, nous nous engageons à mettre en place les mesures suivantes dans le but d'apporter la prospérité nationale et créer une constitution et des lois.

1. Des assemblées délibérantes seront établies et toutes les questions quotidiennes seront décidées après des discussions ouvertes.
2. Toutes les classes sociales, hautes et basses, devront travailler ensemble dans l'administration des affaires de l'État.
3. Les gens du commun, comme les fonctionnaires civils et militaires, seront tous autorisés à suivre leurs voies professionnelles quelles qu'elles soient, de sorte qu'il n'y ait pas de mécontentement.
4. Les mauvaises habitudes du passé doivent cesser et tout devra désormais être fondé sur les justes lois de la nature.
5. La connaissance sera recherchée de par le monde afin de renforcer le règne alaouite.»

L'année 1853 s'ouvre, en Egypte, par la publication d'une charte par le Khédive. Cette dernière sera distribuée gratuitement, lue au peuple et scander dans les rues par des crieurs publics. La publication, titrée « Serment du Khédive Said », tenait des ambitions du Khédive et avait pour but d'obtenir un soutien, aussi bien intérieur ; qu'extérieur ; diplomatique et financier ; à l'Egypte.

La déclaration est rapidement suivi de réels efforts. Ainsi, le Khédive proclame une constitution, dite « constitution alaouite » ; « constitution Saidienne » ; ou encore « constitution de 1853 ». Cette constitution donne un très grand pouvoir à la personne du Khédive, octroyant quand mêmes de très nombreuses avancées sociales.

[quote]
Spoiler:

Représentation simplifiée de la structure du pouvoir exécutif organisé par la constitution : https://image.noelshack.com/fichiers/2018/24/6/1529153990-executif.png
Représentation simplifiée de la structure du pouvoir législatif organisé par la constitution : https://image.noelshack.com/fichiers/2018/24/6/1529153990-legisliatif.png

² = déjà cité
PS : Même si ce n’est pas noté, le Grand Vizir ne préside pas seul les séances du Parlement vu que le Khédive les préside aussi

Ainsi, la « Constitution de 1853 », met en place un parlement, la Jameia qui peut proposer des lois et qui les vote. La Jameia est composée de 65 sièges. Trente-neuf sièges, pour quarante gouvernorats, sont dédiées à des élus, élus au suffrage masculin rassemblant tout les hommes libres, ayant la nationalité et plus de 25 ans. Chaque gouvernorat, à l’exception d’un seul élira donc un élu qui pourra être démis sur ordre direct du Khédive, si ce dernier est coupable de corruption ; de trahison ; ou de crime de lèse-majesté, ou via un plébiscite organisé, dans son gouvernorat et dans celui du Caire, sur ordre du Khédive et qui amènera le peuple à revoter. Trente-neuf sièges pour quarante gouvernorats, cela laisse un gouvernorat sans élu « traditionnel »… C’est le cas, car, en effet le gouvernorat du Caire recevra deux élus l’un, nommé par le Khédive représentera le gouvernorat du Caire et l’autres élu par la population de la ville du Caire, parmi les membres de la dynastie de Méhémet Ali, uniquement représenta le palais. Parmi les sièges restants, six, sont dédiées à chacun des Wilayets. Les représentants de chaque Wilayet seront élus par la population selon la même règle que les Trente-neuf sièges des gouvernorats, viennent ensuite quatre sièges supplémentaire pour les quatre grandes « communautés religieuses » du pays soit, un siège pour les chrétiens & les Coptes ; un pour les sunnites ; un pour les chiites et un pour les juifs, chaque « élu religieux » étant élu par le vote des hommes libres, nationalisé de plus de 25 ans partageant la même religion que lui. Pour compléter ce parlement, viennent s’ajouter quatre sièges, élus parmi les cadres de l’armée par les soldats hommes-libres ainsi que dix sièges directement nommés par le Khédive. La Jameia à pour vocation de proposer et voter les lois MAIS le Khédive peut faire passer une loi de force en usant de son pouvoir ou en appelant le peuple à un plébiciste. Le Khédive s’abroge aussi le droit de révoquer les parlementaires, même élus, et de dissoudre le parlement.

Décompte des sièges de la «Jameia » :

* Trente-neuf sièges élu par le suffrage masculin des hommes libres de 25 ans & plus dans chacun des 39 gouvernorats, excepté celui du Caire. Un représentant par gouvernorat.
* Six sièges élu par le suffrage masculin des hommes libres de 25 ans & plus dans chacun des six wilayets. Un représentant par wilayets.
* Quatre sièges pour chacune des quatre religions « majoritaires » dans le Khédivat (hormis l’animisme), soit un siège pour les musulmans sunnites, un pour les chiites, un autre pour les chrétiens et les coptes et un dernier pour les juifs.
* Deux sièges pour le gouvernorat du Caire, l’un, nommé par le Khédive, représentant la ville et l’autre, élu parmi les membres de la dynastie alaouite, représentant le palais et la dynastie.
* Quatre sièges élus par les hommes libres de l’armée parmi les cadres.
* Dix sièges directement nommés par le Khédive.


Cette constitution acte aussi la naturalisation de tout les hommes ; femmes ; et enfants libres d’Egypte et du Soudan comme ayant la nationalité égyptienne, des documents d’identités comportant un nom ; un prénom ; leur date de naissance ainsi que leur religion seront distribués. Les prénoms octroyés devront être arabe, musulman ou justifié comme étant un prénom copte ou judaïque pour, respectivement, les communautés chrétiennes et juives. La même règle sera appliquée aux noms de familles. Les noms de familles représentant une tribu seront interdits. Les esclaves se verront attribuer un prénom selon le Coran et, à leur affranchissement, si ils sont affranchis, recevront un nom selon leur ancienne condition, « esclave », « noir », « affranchi », « serviteur », etc. Les esclaves militaires arrivant à la fin de leur période d’engagement de huit ans recevront le nom de famille de « jundiin al khadiwy » soit de « soldat du Khédive » pour rester reconnaissable.
Par la présente constitution, la personne du Khédive voit sa succession actée selon les précédentes négociations, de 1852, avec l’empire Ottoman. Son introduit les crimes de lèse-majesté, corruption et de lèse-à-la-mémoire, pour les lèses-majesté sur les souverains décédés. Le Khédive se voit confirmer sa place de chef d’état, président de la Jameia, chef suprême des armées et chef suprême du gouvernement, un gouvernement est aussi crée sur le modèle européen avec un « Grand Vizir », nommé par le Khédive, comme « Premier Ministre » et une série de « Vizir » comme Ministres se chargeant de l’Intérieur, du Trésor, des Affaires étrangères, de l’Enseignement, de l’Agriculture, de l’Industrie, de la Défense, de l’Esclavage, des Religions, de l’Ordre et des Travaux Publics. Le Khédive et le Grand Vizir se voient confiés la tache de présider la Jameia. Le commandement des armées, la gestion du trésor, la politique extérieure, les réformes possibles et la gestion du pays restent, largement, entre les mains du Khédive qui voient dans les vizirs des « conseillers » qui doivent passer par le Grand Vizir pour déposer une loi, ce dernier devant recevoir l’aval du Khédive. Seuls la Jameia, le Grand Vizir et le Khédive sont habilité à proposer des lois.

L’égalité entre les hommes libres et la permission pour tout à chacun de suivre un enseignement et d’aborder n’importe quelle carrière et n’importe qu’elle carrière, du moment qu’il est un homme libre est aussi décrétée permettant ainsi à des paysans et des fils de cordonniers de postuler pour devenir fonctionnaires, de se présenter pour être élus à la Jameia ou de rejoindre l’armée en tant que cadre.


L’introduction de la « Constitution de 1853 » va bousculer la politique égyptienne habituelle. La constitution installe, ainsi, un simulacre de constitutionnalisme créant une assemblée unique, un droit de vote et des droits mais laissant les commandes au Khédive. Le premier « Grand Vizir » du Khédivat n’est autre que son héritier : Ismail Pacha.

Ce dernier, alors en expédition au Soudan, reçoit la tache de continuer à pacifier le pays, en collaboration avec l’administration locale et les esclavagistes égyptiens pratiquant leur commerce, des postes relais ; des postes d’esclavagistes ; des avant-postes ; des infrastructures routières et des fortifications devront être mises en place pour pacifier le territoire, et ceux dans tout le Darfour et le sud-Soudan. Said Pacha, et Ismail Pacha, on à coeur de lutter contre le tribalisme et d'assimiler les tribus à l'état. L'interdiction des prénoms traditionnellement tribaux et des noms de familles utilisant le nom d'une tribus sont un début. Mais, le Khédivat va devoir augmenter ses mesures pour lutter contre le tribalisme et faire rentrer l'état dans la modernité. Autrefois constituée de deux brigades, soit 8.000 hommes, l’armée du Khédive en comporte maintenant 16.000 ayant reçu le renfort de deux brigades composées d’esclaves et remplie avec des mercenaires soudanais, comme la nouvelle législation en matière d’esclave l’oblige depuis 1852. Ismail Pacha, cumulant les postes de Grand Vizir et de Vizir de la Défense, désire remodeler l'armée, profondément, et utilise le contexte de la campagne du Darfour pour le faire. Il fait augmenter la solde des soldats libres et fait passer un décret faisant que l'armée livrera deux années de soldes complètes aux soldats esclaves arrivant au bout de leurs 9 ans de contrats militaires, et non plus le 1/10 de trois années de soldes contre 8 ans de services. Ce n’est pas la seule réforme, conscient que l’armée sera le pilier de l’état égyptien dans la lutte contre l’anarchie et le tribalisme, il impose l'arabe comme la langue militaire, la réforme est rapidement suivie faisant de l'arabe la langue administrative et étatique. L'arabe étant, de toute façon, une langue déjà usitée par toutes l’armée. Il accroît la part de nourriture carnée et insectoïdes des troupes. Plus encore, directement sur les esclaves, il ordonne d’effacer les scarifications ; tatouages ; et marquages propres aux tribus sur les esclaves-militaires, les mercenaires et les soldats prétextant « qu’il n’y a plus qu’une seule tribu : l’état égyptien ».

Ismail ne commence, malheureusement, aucune réelle réforme de l’armée égyptienne, hormis quelques privilèges, à cause du fait que l’armée est alors en pleine campagne. Ainsi, les brigades d’esclaves militaires, formés à Assouan, ne sont pas envoyés combattre et subissent les réformes sur leur statut avant d’arriver au combat. Néanmoins, une fois les réformes appliquées, les deux brigades seront envoyées au sein de l’armée d’Ismael Pacha.

Suivant l’exemple de l’armée, Said Pacha fait promulguer un firman obligeant les esclavagistes et les maîtres à effacer les scarifications ; tatouages et marquages propres à chaque tribu afin d’effacer l’identité tribale des esclaves. Les prisonniers soudanais subiront le même sort et seront placé en cellule en Egypte ou avec des soudanais n’étant pas de leur peuple. Les esclavagistes recevront l’obligation de disperser les futurs esclaves d’un même peuple ou d’une même tribu pour ne pas vendre plusieurs membres d’une tribu à un seul homme.

Enfin, dans un autre état d’esprit, Said Pacha autorise la production d’alcool et de tabac. Il met en place un monopole étatique sur le tabac mais taxe juste la production et le commerce d’alcool. Il instaure aussi des droits de douanes spéciaux, majoration de 5,5 %, pour l’entrée d’alcool au sein de l’état, prétextant un interdit religieux, et une majoration de 3,5 % pour l’entrée de tabac étranger dans l’état. L’état égyptien devient aussi seul bénéficiaire des douanes.
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Re: Egypte alaouite

le Dim 17 Juin - 16:44
Khédivat d'Egypte



1854. L'investissement humain et financier, pour la conquête du Darfour, devient très important. Said Pacha, désireux de se maintenir dans le Soudan et dans le Darfour, investit de plus en plus dans l'expédition d'Ismail Pacha. Il achète donc 38.000 fusils à piston à la France et s'en voit offrir 3.000, n'en payant que 35.000, en plus de cela, il achète 30 pièces de 8 à la France. Ces armes viendront équipées les armées d'Ismail au Darfour.

Pour préparer la paix, Ismail Pacha envoie un messager au sultanat du Darfour proposant un cessez-le-feu contre la reconnaissance du sultanat du Darfour,

Le neveu du Khédive négocie, d'abord, le retour de Nubar Pacha dans le gouvernement. Homme politique égyptien d'origine arménienne, il est aussi le gendre d'un ancien ministre de Méhémet Ali. Dès son retour en selle, il occupe le poste de "Grand Vizir", laissant le poste de "Vizir à la Défense" à Ismail, et réforme les Vizirat pour leur accorder un modèle exclusivement européen de "Ministère". Sous les conseils de Nubar Pacha, Said met en place une chronique khédivane d'Egypte, écrite en arabe, afin de retracer les règnes de Méhémet Ali, d'Ibrahim Pacha, d'Abbas Pacha, le sien et ceux de ces successeurs. Nubar Pacha, contrairement à Said Pacha, ne descend pas d'une famille s'étant imposée par la guerre et la violence. A la manière d'Ismail, il sait que seule la guerre ne suffira pas à sauver l'Egypte. La modernisation de l'Egypte nécessite aussi de grands progrès. Bien qu'il eut toujours été conservé au gouvernement par les successeurs de Méhémet Ali, il avait été écarté sous Abbas, à cause de son progressisme, puis définitivement écarté du pouvoir par Said Pacha, suite à une querelle, il fait néanmoins son grand retour.


Sous l’influence de Nubar Pacha et d’Ismail, Said retrouve un élan progressiste, quasi révolutionnaire. Il met en place une véritable politique administrative, suivant le découpage administratif du pays et la promulgation de la constitution, qui marque le début d'une réelle période de centralisation.

Système administratif:
Sur le plan administratif, Said Pacha met en place une vaste réforme.

* Les Madina, semblables aux « communes » françaises, seront un regroupement de petites communautés plus ou moins proche géographiquement, mais généralement assez proche, dirigée par un homme ayant réussit un examen d’administration et entamant sa carrière de fonctionnaire. Ces petits rassemblements de communautés seront sous autorités des gouvernorats. Les communautés se rassemblant en Madina seront des communautés de moins de 10. 000 personnes. Une Madina aura une limite de population de 85. 000 personnes dans une même Madina. Les Madina seront compétentes dans l’administration de leurs patelins et l’entretiens de leurs infrastructures via les budgets votés et partagés par les Gouvernorats.
* Les municipalités,  les « Baladia » seront dirigées par un fonctionnaire ayant réussit ses examens d’entrée dans l’administration. La Baladia sera l’entité administrative des grandes et moyennes communautés. Une Baladia sera composée d’une entité ayant plus de 10. 000 âmes vivantes. Les Baladia seront aussi responsables de l’instruction dans leurs municipalités, de l’entretiens des villes et villages, des constructions des routes et des ponts.
* Les Gouvernorats seront dirigés par un Gouverneur, un « Muhafiz », en arabe, nommé par le Khédive.Il sera le porte-parole du Wali et du Khédive face aux Eumda et aux Zaeim de son Gouvernorat et suivra les directives du Khédive, veillant à leur application au sein de leur territoire. Il est nommé par le Khédive et remplacé tout les deux ans. Les gouverneurs superviseront la gestion de la gendarmerie à l’échelle de leur gouvernorat. Les Gouvernorats seront aussi responsables de l’entretiens des villes, villages et infrastructures du gouvernorat, de la gestion de l’instruction publique et du vote des budgets locaux pour chaque Baladia, que le Baladia devra partagé entre Madina. La justice dépendra du gouvernorat mais un appel sera possible auprès du Wali ou du Khédive.
* Enfin, les Wilayets seront dirigés par un Wali, le poste étant devenu un simple poste de gouverneur, il est nommé par le Khédive et remplacé tout les ans. Il est chargé de superviser la gestion de son Wilayet et de faire respecter les directives du Khédive. Les Wilayets seront responsables de l’ordre public, global, dans leur territoire, de la surveillance des directives du Khédive , des grands travaux et des demandes de recrutement militaire.

Cette poursuite de la réforme administrative se suit aussi de nouvelles règles. Les « Muhaqiq » seront chargés de surveiller les dépenses, les sorties et les contacts des fonctionnaires pour empêcher tout risque de trahison ; de collusion d’intérêt ou de corruption. Un fonctionnaire coupable de trahison ou de corruption se verra tout perdre. Sa fortune, ses biens, ses richesses seront saisies par l’état et conservées ou revendues. Il sera exécuté et sa famille devra rembourser tout ses salaires ainsi que la lèse que sa trahison ou corruption aura causé à l’état. Son nom, et sa lignée, seront trainé dans la boue et sa famille sera exilée dans les régions peu hospitalières du Soudan.

Pour empêcher cette, terrible, éventualité d’arriver trop souvent, les fonctionnaires recevront une paie correcte leur assurant un revenu leur permettant de vivre. En plus de cela, n’importe qui pourra postuler pour devenir fonctionnaire, créant ainsi une compétition, mais il faudra pouvoir lire et écrire. Sachant très bien que sa population est majoritairement illettrée, le Khédive fit promulguer un firman demandant aux mosquée de sa portée volontaire pour apprendre la lecture et l’écriture, en arabe, aux civils égyptiens via l’apprentissage du Coran, des stages, pour apprendre la même chose, seront mis en place par l’état.

Pour devenir fonctionnaire, un concours sera effectué et se portera sur une épreuve de lecture, une épreuve d’écriture, une épreuve de calcul ainsi qu’une épreuve de connaissance sur le Coran et les codes pénal et civil du Khédivat.

L’administration territoriale organisera des recensement tout les deux ans exigeant le nom, le prénom, la nationalité, le sexe, la religion, la profession et l’état civil de chaque personne pour mettre à jour les registres et délivrer des documents d’identité valables. L’administration territoriale devra aussi recenser les terres cultivées, des terres non-cultivées et les terres bien utilisées des terres mal-utilisées. Le départage et la délimitation des terres sera de son ressort.

Les fonctionnaires de l’administration territoriales seront mutés tout les trois ans et devront faire sept ans de services avant de retourner dans leur gouvernorat nata .

Système judiciaire:
Suite à la réforme administrative, qui commence à ressembler à quelques choses, vient ensuite la réforme du récent système judiciaire. Said Pacha et Nubar Pacha sont décidés à le transformer en un réel système judiciaire « à l’occidental » ou l’arbitraire n’à plus ou peu sa place.

A la fin de l'année 1854 est promulguée la réforme de la justice. « Vérité, clémence et pardon régissent la justice. Allah est miséricordieux », voici les maîtres mots de cette réforme.

La justice est désormais séparée de l'administration mais reste, légèrement, relié au Ministère de l'Ordre Public. L'instruction des procès et leur tenue est confiée à des juges théoriquement incorruptible et provenant de lettré issu du peuple, et non de la noblesse, les débats deviennent publics et contradictoires, les accusés reçoivent le droit d'être défendu par des avocats et, pour les procès criminels, des jurys sont instituées. Les procès pour corruption ou trahison se passe, néanmoins, toujours en interne et sur décision du Khédive ou du Wali. La responsabilité juridique d’une zone est confiée à son Gouvernorat qui doit organiser la réforme, des recours restent possible auprès du Khédive ou du Wali. Des procédures d'appel sont organisées aux différents échelons : au Congrès des juges de paix pour les districts, à la Cour d'appel pour les affaires les plus graves, au conseil d’état pour les pourvois en cassation. L'arbitraire ne disparait pas totalement pour autant. Internement, déportation dans les régions inhospitalières du Soudan peuvent toujours se faire sur simple décision du Khédive. Le Khédive peut aussi forcer pour faire passer un verdict, notamment en cas de corruption ou de trahison. Les esclaves n’ont, par définition, pas les mêmes droits devant la cour que les hommes libres. Les jurys seront constitués d’hommes lettrés qui seront tenus à l’écart de la foule, dans des lieux sous bonne surveillance, afin d’éviter les intimidations.

Pour les jugements au sein de l’armée et de la gendarmerie, des tribunaux militaires sont mis en place. Les jugements militaires se passeront en tribunaux militaires présidé par un conseil composé du chef de brigade, du chef de régiment, du chef de bataillon et du chef de compagnie accompagné d’un cadre de l’armée et d’un jury de douze hommes du rang appartenant à une autre brigade.

Les juges, avocats et officiers de la justice deviennent des fonctionnaires de l’administration pénale, au même titre que les gardiens de prisons. Ils recevront une solde, pour vivre, et seront surveillé par les « Muhaqiq ». Les mêmes peines en cas de trahison ou de corruption leurs sont appliqués. L’on deviendra juge, avocats ou fonctionnaires de la justice en passant un concours administratifs, se basant sur la connaissance du code pénal et du code civil, après des études de droits.

Les fonctionnaires de l’administration judiciaire seront mutés tout les trois ans et devront faire douze ans de service avant de retourner dans leur gouvernorat natal.

Un conseil d’état composé d’hommes du peuple lettré est aussi institué. Son modèle sera calqué sur le modèle du conseil d’état français. Il s’agira donc, à la fois, d’une institution pour conseiller le gouvernement et pour conseiller le sommet de l’administration judiciaire pour ce qui relèvera, entre autres, du droit administratif.

Système fiscal:
L’administration fiscale est détachée de l’administration territoriale pour être rattachée à l’état et, directement, au Ministère du Trésor, anciennement Vizirat du Trésor.
Les fonctionnaires de l'administration fiscale seront payé en monnaie. Ils seront choisi selon un concours basé sur la connaissance des mathématique, de la lecture et de l'écriture. Ils devront avoir un casier judiciaire vierge et n'avoir jamais été soupçonné. Ils devront se plier à une inspection trimestrielles des finances et seront surveillés par les Muhaqiq. L'administration fiscale aura ses propres antennes suivant le principe de l'administration territoriale.

Un premier bureau dans les Baladia chargé de récupérer les taxes et impôts des villes et villages. Un second dans la capitale du Gouvernorat qui recompte le tout, voit si tout le monde à payer la totalité et archive puis un troisième bureau dans la capitale du Wilayet qui expédie le tout au Caire et vérifie que tout est bon. L’impôt est payé en monnaie, et non plus en nature, tout les citoyens travaillant sont soumis à l’impôt. Un impôt sur la terre est aussi mise en place calculant 1/5 de la valeur réelle d’une terre cultivée comme imposition annuelle.

Une réserve du trésor est crée au Caire, afin de placer le trésor national égyptien. Le centre final de l’administration fiscale y sera placé. Le bureau des douanes et le bureau des postes seront placé sous le régime de l’administration fiscale.

Chaque ville et chaque village devra avoir son bureau de poste. Chaque ville et villages frontaliers ainsi que chaque port devra avoir son bureau des douanes.

Sont placé sous la compétence et le bénéfice de l’administration fiscale :

* La gestion l’acheminement et le décompte du trésor du Khédivat Egyptien, au Caire.
* La levée, le décompte et le transport des impôts et des taxes.
* L’autorité sur les douanes ainsi que le décompte et le transport de leurs bénéfices.
* L’autorité sur le système postier ainsi que le décompte et le transport de leurs bénéfices.
* La vente de timbre postier, de carte postale et de lettre dont le service postier, rattaché à l’administration fiscale, obtient le monopole.
* La lutte contre la corruption, la fraude fiscale, la contrebande et le détournement de fonds public via le service des Muhaqiq, rattaché à l’administration fiscal comme service d’affaires internes.

Les fonctionnaires de l’administration fiscale seront mutés tout les ans et devront faire trois ans de services avant de retourner dans leur gouvernorat natal.

Système policier:
Inspiré des Karakullukçu ottomanes, sorte de gendarmerie, la Jandarma égyptienne est une gendarmerie basée sur le principe de la gendarmerie française. Elle est, plus ou moins, rattachée ou en collaboration avec les administrations territoriales, fiscales et judiciaires pour le bien de ses affaires. Le corps est un corps à la fois civil et militaire disposant d'élément administratif civil mais d'élément militaire sur le terrain.

La Jandarma égyptienne se voit alloué la mission de sécurisation du territoire, de construction d’avant-poste dans les territoires éloignés ou inhospitalier ainsi que de règlement des contentieux entre civils. Elle reçoit donc les missions de police : constatation des infractions, recherche et interpellation des auteurs d'infractions à la loi pénale, enquêtes judiciaires … Mais aussi les missions de police administrative : sécurité publique, maintien de l'ordre, …

Ces effectifs aborderont les 22. 000 hommes réparties entre chaque gouvernorat. La gendarmerie sera répartie par gouvernorat puis ensuite réparties, à nouveau, dans les villes à l’échelle locale. Les effectifs administratifs seront de 4.000 hommes pour un total de 26.000 hommes, dont une partie montée.

Ils recevront une paye acceptable pour leur permettre de vivre dignement et devront se plier à des contrôles strict.


En plus des différentes réformes des systèmes administratifs de l’état, Nubar Pacha entreprend une politique de grands travaux. Il ordonne en effet de bâtir des bâtiments, dédiés aux administrations, là où il le faudra, des esclaves ainsi que des citoyens s’acquittant de leurs corvées le feront.

En plus de cela, Nubar Pacha finance la construction de la « Compagnie des Routes & des Ponts d’Egypte » compagnie étatique chargée de bâtir un réseau routier correct reliant les villes entre elles, un système de pont pour traverser les fleuves ainsi que des cartes, précises, du vaste empire du Khédive. Cette société sera à la fois financé par des subventions étatiques, calculée selon le nombre de routes et de pont, prouvés, que la société à pu bâtir et à la fois par les subventions issus des budgets locaux de chaque entité administrative devant, obligatoirement, faire appel à cette compagnie pour bâtir ses infrastructures routières. Une certaine priorité est donnée au Soudan qui reçoit la plus grande concentration de manœuvre esclave, accompagnée d’une légère concentration de main d’œuvre libre soumise à la corvée ou payer, et de main d’œuvre militaire mettant la main à la tâche.

Dans son élan de réforme, Said Pacha décrète aussi la fondation de la « Banque Centrale Egyptienne » qui sera la seule habilité à produire la Livre égyptienne. Elle émettra des pièces de 10, 20 et 50 centimes de livres égyptiennes ; des pièces de 1,2 et 3 livres égyptiennes ainsi que de la papier monnaie de 5, 10, 15, 20, 25,30, 35, 50, 80,100,150,300,500 et 1000 livres égyptiennes.

Encouragé par Nubar Pacha, le Khédive Said met fin à la djizya sur les non-musulmans mais met en place une politique visant à engranger de grandes quantités d’argents sur le dos des non-musulman. Il décrète « la taxe sur l’usure » permettant aux juifs et aux autres religions de devenir banquier et de prêter de l’argent en échange d’intérêt à condition de déclarer ses bénéfices et les sommes prêtés puis d’accepter une imposition par les services fiscaux. Dans un autres temps, Said Pacha décrète la nationalisation des terres du clergé copte chrétien. Les 3/4 des terres "utilisées" du clergé copte, celles sur lesquelles il à bâti des églises et différents édifices religieux, leurs seront rendus tandis que le quart restant leur sera vendu à eux ou à un autre culte. Il nationalise aussi les terres arables détenus par le clergé copte et met en place une taxe sur la dîme perçue à l'église chrétienne. La même taxe sur la dîme est appliquée au clergé musulman et juif.

Said met aussi en place une taxe sur le terrain utilisé par les mosquée, les synagogues et les églises dénommée « taxe du temple » servant à « l’entretiens des terrains utilisés par les cultes et à l’entretiens de leur bâtiment ». Il compense le fait d’appliquer cette taxe sur le terrain utilisé en prenant, sur les frais de l’état, l’entretiens des temples. Dans le même temps, il interdit la vente de terres aux Occidentaux sans accord direct du Khédive pour chaque vente et met en place une taxe sur la vente de terre aux Occidentaux.


Les principales ressources naturelles du Soudan sont l'eau, fournie par le Nil, et les sols fertiles des vallées fluviales. La partie centrale du Soudan, au sud de Khartoum, se nomme la Gézireh, l'île en arabe, et pourrait être un foyer de la culture du coton au Soudan. Said Pacha, conscient de cela, ordonne dès lors à Nubar Pacha de mettre en place la construction d'un plan d'irrigation via la constructions de canaux sur le nil chargé d'irriguer la Gezireh. Avec une superficie d'1 million d'hectares, cette zone, riche en terre fertile, pourrait, si elle est bien irriguée, devenir le foyer de la culture du coton au Soudan et représenter le cœur de l'économie soudanaise. D’importants fonds seront donc débloquer afin d’irriguer cette zone et de mettre en place de vastes plantations de coton, détenues par l’état, où pourront travailler de très nombreux ouvriers destinés à la plantation de coton. Dans le nord du Soudan, là où, hormis le Nil, la présence égyptienne est la plus forte, de nombreux terrains seront nationalisés pour y démarrer des plantations de sorgho, pour créer une agriculture de subsistance.

La production de coton, en Egypte, est aussi encouragée.

Said Pacha est bien décidé à mettre en valeur le Soudan. Il décrète un monopole d’état sur la commercialisation de la gomme arabique et fait payer une taxe à tout ceux qui la commercialise sans passer par les instances officielles. Les acacias des forêts du Centre fournissent énormément de gomme arabique, commercialisée depuis plus de deux mille ans. Le Khédive nationalise donc ces forêts pour les mettre en production désireux d'acquérir cette précieuse gomme arabique à revendre aux Occidentaux.
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Re: Egypte alaouite

le Mar 19 Juin - 21:07
Khédivat d'Egypte



Le sud-Soudan et le Darfour sont soumis en 1855 après quatre années de guerres, en comptabilisant 1855 comme une année. Le Khédivat d’Egypte peut donc ajouter le sud-Soudan, région très verte et arable, à ses possessions ainsi que le Darfour, modérément riche en or. Dans la même lignée, dès le début des années 1855-1856, Said Pacha continue sa politique d’agrandissement du territoire en achetant la « Province d’Harbesh », soit l’Erythrée, à son suzerain Ottoman contre 650.000 francs.

La « Province d’Harbesh » devient donc le « Gouvernorat d’Harbesh », mais, contrairement aux autres gouvernorats, n’obtient pas de siège à la Jameia, tout comme les récents gouvernorats ajoutés depuis la conquête du Darfour et du sud-Soudan, privant ainsi une large partie des hommes libres soudanais et de la communauté chrétienne soudanaise d’une représentation à la Jameia qui aurait pu être problématique.

Suite à la prise de possession du territoire du sultanat du Darfour et du sud-Soudan par le Khédivat d’Egypte, Ismail Pacha prend, sans en informer son oncle, Said Pacha, des mesures exceptionnelles. Il amnistie les peuples s’étant rendu et ayant collaboré, ceux acceptant la domination égyptienne et les encourage à abandonner la culture tribale en rejoignant, volontairement,l’armée égyptienne contre une solde. Il tente de diviser les Soudanais s’étant rallié à lui, pour détruire leurs tribus, en les redivisant à travers le pays. Mais, pour ceux qui se sont levés contre lui, la sentence est irrévocable. Nombres d’entre eux , parmi leurs hommes,sont asservis et vendus comme esclaves, dédiés aux vastes travaux de mises en valeur du territoire soudanais. Les vieillards des peuples vaincus sont déplacés de force dans le nord du Soudan ainsi que vers Khartoum et Port-Soudan, une partie d’entre eux sont condamnés à la corvée. Les femmes et les jeunes femmes nubiles sont asservies et vendues comme esclaves, les plus braves soldats reçoivent les femmes les plus jeunes et belles, parfois deux, le surplus est distribué parmi les fonctionnaires et les serviteurs de l’état, pour les fidéliser, pendant que le Khédivat se réserve le droit de vendre le reste. Les jeunes garçons sont saisis et incorporés dans la communauté, on les place dans des familles égyptiennes ou nubiennes bordant le Soudan ainsi que dans des mosquée. Certains sont dédiés à une vie militaire. L’on désire briser leur sentiment d’appartenance tribal dès l’enfance. Les hommes, les guerriers s’étant battus, sont asservis, pour les prisonniers et les résistants. De telles mœurs ne sont pas étrangères à l’Afrique ou aux barbares. Cela passe inaperçu, pour les Européens l’Egypte, vassale de l’Ottoman, n’est pas un vrai état, le Khédive n’étant qu’un « chef de tribu avec un titre pompeux ».

Dans le même temps, Said Pacha fait publier une séries de firman, pendant la conquête du Darfour. Il décrète, en prévision de la victoire égyptienne, un monopole de l’état sur l’extraction de l’or, interdit les bakchich, renvoie les anciens fonctionnaires héréditaires Ottomans & les « caids », ayant achetés leurs fonctions, au profit de sa nouvelle administration Egyptienne. Il décrète que la langue de l’armée, de l’administration et de l’état est l’arabe, et non plus le Turc.

Un impôt par tête, humaine, est décrété à payé en monnaie. Les esclavagistes devront, eux aussi, payer un impôt par tête, d’esclaves acquises et / vendues, au prix d’1/5 du prix du dit esclave.


Dans le même temps, outre son administration exceptionnelle du Darfour, Ismail Pacha fait passer de nombreuses réformes militaires pour améliorer l’armée de son oncle.

Ismail Pacha fait passer un « firman militaire », une nouvelle forme de firman décrété par le Ministre de la Guerre, interdisant l’usage des sabres, des arcs et des lances par l’infaterie. L’arme du fantassin, par définition, devient le fusil. Il introduit ensuite un salaire dans l'armée, mensuel, régulier et suffisant pour vivre, continuant les réformes de Said Pacha, mêmes les esclaves-soldats touchent un salaire sous la forme de deux années et demi de soldes complètes lors de leur affranchissement, et non plus deux années, tout simplement. La coutume visant à exiger des paysans un dîner, un lit et du conforts est désormais prohibé. Quiconque sera découvert occupé d'abuser de l'hospitalité d'un paysan sera sévèrement puni, les premiers seront fusillés pour l'exemple puis un tribunal militaire statuera sur le cas des suivants, même si les jugements seront exemplaires. Ismail Pacha désire instaurer une discipline de fer : les mutins, les déserteurs, ceux qui entrent en combats sans autorisations ou qui ne suivent pas les ordres sont fusillés, des peines dissuasives, comme la mise au pilori ou le passage à tabac par la compagnie, sont mise en place pour les plus petits crimes. Le fouet est aussi instaurée comme une épreuve disciplinaire.

Les initiations des jeunes recrues au sein de l'armée sont abolies. Les troupes sont maintenants divisées en classes d'âges rassemblant les jeunes hommes (15-20 ans), les hommes (20-30 ans), les vétérans (30 - 38 ans) et les anciens (38 ans et plus). Ces classes d'âges formeront des compagnies. Les différentes compagnies seront stimulées par des concours d'épreuves visant à les maintenir à niveau comme des épreuves de marche cadencée, de préparation rapide, des épreuves de tirs et des chasses. Lors des combats, les soldats les plus valeureux recevront les plus belles filles nubiles. Ismail Pacha multiplie les exercices physiques faisant fabriquer de faux fusils deux fois plus lourds que les vrais, pour les entraînement ; faisant faire de longues marches à pas cadencés à ses troupes, avec de lourds bagages parfois ; les forçant à marcher et se mouvoir dans différents terrains, comme le désert ou les terrains montagneux ; et les habituant à monter et démonter un camp régulièrement. Les hommes se doivent être disciplinés, tout écart est sévèrement réprimandé. La part de nourriture enthomophage, issue d’insectes, ou carnée, la viande, est multipliée pour les soldats. Ismail fait bannir les allusions au tribalisme de l’armée. A l’entrée dans l’armée, la recrue oublie sa tribu et son peuple pour ne plus être qu’un « serviteur de l’état égyptien et du Khédive ». Les tatouages ; les marquages ; les scarifications traditionnelles de telles ou telles tribus n’ont plus lieux d’être et sont donc effacés ou recouverts.

Il réorganise aussi l’armée, Elle est alors composée de quatre brigades, deux composées de soldats égyptiens et deux autres composées d’un mixte entre soldat-esclaves soudanais et mercenaires soudanais. Il divise l’armée en brigade, les « liwa », composée de 4.000 hommes, suivies des « fawj », les régiments, de 1.000 hommes, des « Katibas » de 500 hommes et des alsharikat de 100 hommes.

Cette échelle de troupes, assez petite, est fort utile pour l’Egypte lors d’opération le long du Nil ou dans le Soudan, où l’occupation du territoire et de points stratégiques peut se faire avec une compagnie, ce qui rend la petite échelle utile, tandis que la plus grande échelle est directement utile pour les batailles. Ismail Pacha se base sur les travaux de son grand-père, Méhémet Ali, pour créer sa réforme. Ainsi, il construit l’armée de son oncle à partir de Fellah, des paysans égyptiens et d’Afrique du nord, recrutés sur la base du volontariat, contre une bonne solde, et comble les trous à partir de conscrits Fellah, percevant quand même la solde, et d’un mixte entre esclaves-soldats soudanais et mercenaires. Une troisième brigade de Fellah égyptiens est levée ce qui augmente les effectifs de l’armée à 20.000 hommes.

Ainsi, l’armée se présente ainsi :

* 5 Brigades / Liwa de 4.000 hommes.
* 20 Régiments / Fawj de 1.000 hommes.
* 40 Bataillons / Katiba de 500 hommes.
* 200 Compagnies / Alsharikat de 100 hommes.

Les soldats devront se présenter chaque mâtin au poste de rassemblement, pour le décompte devant l’officier, ceux qui ne se présenteront pas seront, pour la première fois, fouettés ou subiront une peine de corvée tandis que pour la seconde fois ils seront fusillés pour l’exemple, dans les trois-cents premiers cas, le temps que la règle s’impose puis seuls un cas sur trente seront fusillés.

Les corps d’irréguliers, tels que les bachi-bouzouks, sont abolis. Les anciennes troupes retournent à la vie civile ou s’engagent comme réguliers, soumis à une stricte discipline.


En 1855, de vastes projets attendent encore le Khédivat d’Egypte. Said Pacha, désireux d’agrandir le réseau du rail en Egypte, fait appel à de nombreux pays Occidentaux. Avec les Britanniques, grand partenaire, il conclut la construction d’une ligne de chemin de fer Le Caire – Suez, à 60 / 40 au profit des Britanniques, en échange de la construction d’une ligne de chemin de fer Damiette – El Arich, dans le Sinai, à 60 / 40 au profit des Egyptiens. Avec les Américains, il conclut la construction d’une ligne Massawa – Keren – Kassala, reliant le Soudan avec la récente prise de la Province d’Habesh, à 60/40 au profit des américains, puis négocie la construction de la suite du troçon Kassala – Khartoum, aux profits d’une compagnie égyptienne. En échange de cela, l’Egypte doit néanmoins s’engager à assurer la sécurité sur le chantier, à assurer la main d’oeuvre et à fournir l’immunité diplomatique aux ingénieurs, techniciens et experts que les américains devront convoyer sur place. Les choses seront faites dans l’ordre avec des missions de repérages, des études, etc. avant la construction. Les Américains enverront un chargé d’affaires au sein de la cour du Khédive pour tout officialiser. Au niveau des chemins de fer nationaux, le Khédive continue l’investissement étatique en finançant une ligne Médinet al-Fayoum – Beni Suef – Le Caire. Une seconde ligne étatique faisant Sollum – Marsah Matrum est aussi programmée.

Le Khédive annonce la nationalisation des forêts et des paturages ; des terres arables mal-utilisées ou mal entretenues ; des terres arables encore vierge du sud-Soudan et du sud-Darfou acquise cette année ; des terres agricoles détenues par les clergés aussi bien musulman que chrétien. Sous Méhémet Ali, une vaste politique d’appropriation des sols avait été mise en place. Depuis, les Khédives successifs étaient les principaux propriétaires terriens d’Egypte, les paysans cultivant la terre du Khédive. Néanmoins, depuis les conquêtes du sud-Soudan et du Darfour, de nombreuses terres ne sont pas encore propriété du Khédive et le clergé restait un possédant de terre arable très important… Said Pacha à d’or et déjà annoncé qu’il dédommagerai le clergé en l’exonérant d’impôts et de taxes durant les deux années qui suivront.

Said Pacha prévoit aussi la construction d’un canal reliant l’Oasis de Fayoum au lac Wadid al Rayan permettant d’augmenter la surface irriguée et donc la surface cultivable entre le lac et l’Oasis. Dans le même cadre d’idée, à propos de l’agriculture, les travaux de constructions de canaux d’irrigations dans la Gezirah continue. Les cultures du coton, du tabac et du sorgho sont implantées au Soudan. L’on vise une culture à 60 % cotonière dans le Soudan, suivie d’une culture à 25 % tabactière et enfin à 15 % vivrières via le Sorgho. La nationalisation des forêts permettra de défricher les forêts sud-soudanaises pour débloquer de l’espace cultivable. Toutes les forêts ne seront pas défrichées mais seulement une partie afin d’agrandir l’espace cultivable de 25.000 hectares en quatre ans, soit d’ici 1859.

Pour soutenir l’effort de l’état dans l’industrie du coton, le Khédive inaugure la « Bourse du Coton d’Alexandrie », une bourse des valeurs dédiées au coton. Ce n’est pas la seule qu’il inaugure puisque, de manière plus globale, c’est à Damiette qu’est ouverte la « Bourse Agricole de Damiette » et qu’au Caire que la « Bourse des Valeurs du Caire » ouvre ces portes. Enfin, Said Pacha à annoncé qu’il financera des expéditions visant à découvrir des gisements aurifères dans le Darfour et au Soudan. Le but est simple, les richesses aurifères du Darfour et du Soudan ont toujours été connue et, même si elles ne sont plus au mieux de leurs formes, elles sont existantes et pourrait encore rapporté gros, si on leur en donnait les moyens.
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